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C'était demain.

Le 5 mai 2015, 11:10 dans Humeurs 0

C’était hier. Ma tête comme un stylite fièrement dressé sur sa colonne de pensée. Le rythme comme une bête étrange gorgée de technique. Les idées comme un fil dressé entre l’appartement de mon corps et le village d’autrui. L’intellect comme esthète, le corps comme nuage. Aux bennes l’activité physique et les sensations du corps. La caboche vissée aux chevilles suffit amplement à mes sourires. Deux-trois délices culturels, une pomme d’amour de dico, un mot-elleux sur le pouce.

 

C’était aujourd’hui. Une punaise est venue effleurer mes pores, m’a mordue de frissons et a réveillé le son de mon cœur. Suivant la cadence de mes pulsations je balance, me voilà entrée dans la danse. Le rythme se fraye un sentier dans les boyaux de mes envies. Les sensations me bercent, me calinent, me giflent et m'incendient. 

 

C’était demain. Je pense avec mon ventre. Une armée de vibrations ondulent et remontent, redescendent et me chatouillent. Serait-ce l’éveil en veille qui en mon sein bouillonne pour mieux se révéler ? Plus tard, je voudrais être comme la lune. Laiteuse, gibbeuse, mystérieuse et lumineuse pour enfanter dans mes cratères d’obscurité des rubis d’espoir, des gourmandises d’une nuit. 

Deuil illusionnel.

Le 7 février 2015, 09:35 dans Humeurs 0

Débat interne rendu public. Pensée naïve et volatile, quelques lignes infimes pour des choses infames… Lire entre les lignes pour lire entre les larmes.

Il y a peu, j’ai assisté à un spectacle effrayant, celui du deuil de mes illusions. Des illusions pourtant bien lovées dans le creux de mon âge qui d’un bond se sont levées pour se faire la malle. Elles ont pris leurs clics et m’ont mis leurs claques. Je suis née, puis j’ai grandi avec la drôle d’idée que nous étions dans un joli monde, fait d’humanité, de ressources verdoyantes et de liberté.
L’acidité de cette erreur me revient aujourd’hui dans le gosier.

Lors de mon premier deuil, j’avais 9 ans. Eurêka ! Les poissons et les oiseaux mazoutés m’ont enseigné notre triste réalité. Aujourd’hui, ils se dépatouillent encore de cette vase ignoble.

A l’école je n’ai rien appris. Un génocide au Rwanda ? Ah bon ? Deux guerres au Congo ? Sérieusement ? Encore aujourd’hui, une guerre au Kivu ?

Une guerre secrète au Laos ? Wahouuuu.

J’ai appris en CM1 le fonctionnement d’une démocratie.  Je l’ai appris par cœur, sur le bout de mes doigts encore potelés. Ânonnant avec fierté ce qu’est la souveraineté. Pour apprendre finalement, à 24 ans, que tout ceci n’est qu’une grosse blague tartinée de culot.

Alors, aujourd’hui, j’ai un message tout bête, tout simple, sans prétention, sans même l’envie de faire des vagues. Un message tout creux et pourtant rempli de sens. Un message tissé du semblant de naïveté qu’il me reste…

Regardez-vous ! Regardez-vous, entre vous. Parlez-vous ! Partagez ! Echangez ! Dans la rue, dans le métro, dans un parc, à la boulangerie ! Ca commence par ici !

Avec votre plus belle aiguille de sourire, crevez ces ignobles bulles d’individualisme pleines de pus !

Je ne parle pas d’unité, ni d’amour, simplement d’échanges. Des échanges dans l’adversité, d’échanges dans la diversité,  de communication dans l’altérité, de paroles dans la différence… Quelle belle arme que le langage !

 

Inimaginable et utopiste à grande échelle, si cela peut être fait à « petit escabeau » nous aurons déjà fait un pas de géante fourmi. 

-Amour-

Le 19 décembre 2014, 12:51 dans Humeurs 0

Parfois j’ai l’impression que je suis à côté,  au dessus, en-dessous peut-être. Au-dessus quand je flotte au-delà des gens Au-dessus quand tous mes mots tombent à côté. Quand tous mes mots se transforment en vieilles mouches moches alors que j’y avais mis tout mon cœur. En-dessous quand mes mots sont déjà par terre, dès le balbutiement de ma pensée.

Parfois je fais les mille-pas sans savoir où je vais et sans savoir ce qui va. Je fais les mille-pas à la recherche de l’étincelle qui me réactivera.

Voilà parfois je suis dans cet état, déjà noyée dans le brouhaha de mon esprit et il vient. Il se pointe avec son sourire en coin, malicieux, là pour clairement  tirer sur la ficelle de ma patience. Il tire, doucement au début, puis de plus en plus fort,  le fil devient corde, la fille devient chèvre.  Il tire et ne se rend pas compte qu’il tire. Il tire et je fléchis. Il tire et je me penche. Il tire et j’explose. Pas le bon moment, pas le bon endroit, pas la bonne heure. Il a tiré et j’ai explosé.

 

Il a claqué la porte. Il claque souvent les portes. Il est parti. C’en est fini. Il ne fallait pas tirer. Il ne fallait pas. J’étais déjà à côté, au-dessus, en-dessous peut-être. J’avais juste besoin d’une caresse pour adoucir mon nuage flottant. Besoin d’un mot doux, besoin de simplicité. Rien de flamboyant, juste de la simplicité, du petit lait, pas caillé, pas pimenté, juste du petit lait, tout simple.

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